L’art presque perdu de ne rien faire, de Dany Laferrière

L’art presque perdu de ne rien faire, de Dany Laferrière
Voyages littéraires

 
Play/Pause Episode
00:00 / 20:01
Rewind 30 Seconds
1X

Bande-annonce

Imaginez… C’est l’été… Vous vous installez sur un hamac, à l’ombre d’un figuier, vous fermez les yeux… et surtout, vous ne faites rien ! 


Citations

« On est au milieu indécis d’une sieste éveillée, avec un magazine à parcourir, ou mieux : une vieille bande dessinée qu’on n’a pas lue depuis longtemps. Le temps s’étire vaguement. Il est deux ou trois heures de l’après-midi, un jour d’août de canicule. On n’a pas même le léger remords de gâcher une infime quelque chose : de toute façon, il fait beaucoup trop chaud pour se promener. Le couvre-lit tricoté au crochet repoussé sous les pieds, on se sent léger, suspendu dans une lévitation protégée. Séparé du monde, on est mieux que bien : on n’est presque rien du tout. » 

Extrait de La sieste assassinée de Vincent Delerm, 2001 

« À la distance à laquelle on est de la jeunesse à mon âge, ça paraît très mystérieux de voir ce qu’elle fait de son temps. C’est très effrayant et c’est très mystérieux. (…) Chaque existence est un problème insoluble. Les voisins de palier rangés verticalement dans les immeubles, on se demande comment c’est possible et on fait partie des rangées. 
Ce qui remplit le temps, c’est vraiment de le perdre. » 

Extrait de La vie matérielle de Marguerite Duras, 1984 

Impressions de lecture

« Ne rien faire », cela est impossible en réalité. Nous faisons toujours quelque chose, même si ces choses sont minuscules et involontaires. « Ne rien faire », pour l’homme d’aujourd’hui, c’est ne pas faire ce qui est socialement reconnu comme « utile ».

Mais… quoi de plus « inutile » et de plus « indispensable » que la poésie en ce monde ? En somme, le simple fait de revenir au présent, à notre présent, ici et maintenant, est une façon poétique d’aborder notre vie. Dany Laferrière parle volontiers de mémoire, de nostalgie. Il parle longuement également de la célèbre phrase d’Héraclite qui dit qu’« on ne se baigne jamais dans le même fleuve ». Il consacre un chapitre entier à cette métaphore du temps qui passe, il s’extasie sur la longévité d’une telle formule et essaie d’imaginer comment elle est arrivée jusqu’à nous en restant aussi fraîche – la formule… et l’eau du fleuve bien entendu !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*